Baromètre 2025 : premiers enseignements sur les transferts d’argent de la diaspora vers l’Afrique
Le Baromètre 2025, première étude dédiée à l’analyse des transferts d’argent vers l’Afrique effectués par sa diaspora, met en lumière l’importance croissante de ces flux financiers pour les économies africaines.

Publié en février 2026 par l’initiative The Seeds en collaboration avec des auteurs spécialisés, ce baromètre constitue une étape décisive pour mieux comprendre et valoriser ces contributions qui dépassent, à certains égards, les investissements traditionnels.
Un flux financier colossal, stable et stratégique
Selon les auteurs du Baromètre 2025, les transferts de fonds par les diasporas africaines ont dépassé 100 milliards de dollars en 2024, positionnant ces flux comme l’un des principaux piliers de financement externe du continent. Ce niveau rivalise avec — et parfois dépasse — l’aide publique au développement (environ 48 milliards de dollars en 2023) et les investissements directs étrangers.
D’après le rapport d’infrastructure 2025 de la Africa Finance Corporation, l’Afrique a reçu plus de 95 milliards de dollars de remises en 2024, presque à égalité avec les flux d’IDE enregistrés la même année. « Les remittances ont prouvé qu’elles sont une source stable et résiliente de financement externe », indique le rapport.
Un moteur de stabilité économique et de développement local
Les transferts de fonds ne servent plus seulement à soutenir les besoins immédiats des ménages. Les données disponibles suggèrent qu’ils deviennent progressivement des vecteurs d’investissement dans l’éducation, la santé et les petites entreprises. Les pays comme l’Égypte, qui a perçu environ 22,7 milliards de dollars en 2024, et le Nigeria, avec près de 19,8 milliards de dollars, montrent que ces flux sont essentiels pour la résilience économique et la stabilité des devises.
Dans certains cas, ces transferts représentent jusqu’à plus de 20 % du PIB national de pays comme La Gambie ou Lesotho, soulignant comment la diaspora agit comme un filet de sécurité économique pour les communautés locales.
Des coûts qui restent importants
Malgré leur importance, les transferts de fonds restent coûteux et souvent informels. Les frais élevés et la dépendance à des canaux non bancaires continuent de détourner une part significative des ressources des circuits officiels, réduisant ainsi l’impact potentiel de ces flux sur le développement.
Cette situation alimente des débats importants dans la sphère politique et économique africaine, notamment sur la nécessité de réduire les coûts de transfert, améliorer l’accès aux services financiers numériques et mettre en place des instruments innovants pour canaliser davantage les capitaux de la diaspora vers des investissements productifs.
Un levier sous‑estimé pour l’avenir
L’enjeu du Baromètre 2025 va bien au‑delà de simples chiffres : il s’agit de repenser la place de la diaspora africaine dans les stratégies de développement. Comme l’indique le rapport Remittances: Making Remittances Work for Africa de la African Development Bank, ces flux sont plus fiables que d’autres sources externes et peuvent soutenir la croissance inclusive si des politiques publiques adéquates favorisent leur intégration dans les économies formelles.



