Afrique-Moyen Orient

Égypte‑Qatar : accord stratégique sur le GNL pour sécuriser l’approvisionnement énergétique

Le 4 janvier 2026, l’Égypte et le Qatar ont signé à Doha un protocole d’accord destiné à renforcer leur coopération dans le secteur énergétique, en particulier pour l’importation de gaz naturel liquéfié (GNL). Alors que l’Égypte fait face à la baisse de sa production nationale et à une demande croissante d’énergie, ce partenariat s’inscrit à la fois dans les besoins immédiats d’approvisionnement et dans une vision régionale plus large de coopération énergétique.

Le 4 janvier 2026, l’Égypte et le Qatar ont officialisé à Doha un protocole d’accord (MoU) destiné à renforcer la coopération énergétique entre les deux pays, notamment dans la vente et l’importation de gaz naturel liquéfié (GNL). L’accord a été signé par Karim Badawi, ministre égyptien du Pétrole et des Ressources minérales, et Saad Sherida Al‑Kaabi, ministre d’État qatari aux affaires énergétiques, président et directeur général de QatarEnergy, lors d’une cérémonie officielle au siège de QatarEnergy. 

Répondre à une demande énergétique qui excède la capacité de la production domestique

Selon le communiqué conjoint, le MoU pave la voie à une coopération accrue dans le secteur énergétique, en particulier pour assurer des livraisons de GNL qatarien vers les ports égyptiens d’Ain Sokhna et de Damiette, avec un accord opérationnel pour la fourniture d’jusqu’à 24 cargaisons de GNL durant l’été 2026. Ce cadre s’inscrit dans la stratégie de l’Égypte visant à répondre à une demande énergétique qui excède désormais la capacité de sa production domestique. 

Dans son intervention, Saad Sherida Al‑Kaabi a souligné la volonté du Qatar de « renforcer davantage notre coopération avec l’Égypte », rappelant que cet accord « s’appuie sur notre récente coopération réussie avec l’Égypte, notamment en ce qui concerne la fourniture de GNL à partir du portefeuille de QatarEnergy ». Il a ajouté que le partenariat visait non seulement à répondre aux besoins actuels en énergie mais également à faciliter des discussions en vue de fournitures de GNL à plus long terme, ce qui pourrait contribuer à stabiliser l’approvisionnement égyptien au‑delà de la seule saison estivale.

©Government Egypt

Cette signature intervient alors que l’Égypte, ancien exportateur de gaz, est redevenue importatrice nette

Cette signature intervient alors que l’Égypte, ancien exportateur de gaz, est redevenue importatrice nette, conséquence d’un déclin de sa production nationale. Selon les données disponibles, la production de gaz du pays s’élève à environ 3 635 millions de mètres cubes en octobre 2025, légèrement supérieure au mois précédent mais inférieure aux 3 851 millions de mètres cubes enregistrés en octobre 2024, témoignant d’une tendance à la baisse de l’offre interne. 

Ce ralentissement de la production est notamment lié à l’épuisement progressif de certains gisements, notamment Zohr, le plus vaste champ gazier de Méditerranée, qui avait alimenté les ambitions de l’Égypte de devenir un hub énergétique régional. Face à ces contraintes, Le Caire a multiplié les accords d’importation de GNL, tout en continuant à chercher des solutions pour stimuler l’exploration et l’investissement dans de nouveaux blocs gaziers. 

Pour l’Égypte, la signature de ce MoU avec le Qatar marque une étape clé dans la sécurisation de son approvisionnement en énergie, particulièrement à l’approche des pics de consommation hivernale et estivale, lorsque la demande en électricité et en gaz domestique s’intensifie. Elle vient s’ajouter à d’autres initiatives récentes, telles que des accords avec Israël et Chypre (bien que parfois retardés), ainsi que des projets d’importation par voie maritime pour répondre aux besoins à court terme. 

Renforcer sa position comme hub énergétique régional

La coopération énergétique entre Le Caire et Doha ne se limite pas à des cargaisons ponctuelles. Le MoU ouvre la porte à des discussions sur des contrats de fourniture de GNL à plus long terme, ce qui pourrait offrir à l’Égypte une planification énergétique plus stable, réduire sa dépendance aux marchés spot souvent coûteux, et renforcer sa position comme hub énergétique régional. 

Sur le plan géopolitique et économique, ce partenariat permet également au Qatar — premier exportateur mondial de GNL — de diversifier ses débouchés au‑delà de l’Europe et de l’Asie, consolidant sa présence dans un marché africain stratégique et en croissance. Les accords qataris avec l’Égypte s’inscrivent d’ailleurs dans une série d’efforts diplomatiques et économiques visant à développer des relations énergétiques durables avec plusieurs pays de la région et du continent. 

L’impact de ce partenariat va au‑delà des seules importations de GNL : il renforce les liens bilatéraux entre Le Caire et Doha, tout en offrant à l’Égypte une marge de manœuvre accrue pour stabiliser sa balance énergétique, mieux planifier ses approvisionnements et attirer des investissements supplémentaires dans son secteur gazier.

Piliers d’une stratégie énergétique panafricaine plus vaste

À mesure que l’Afrique poursuit sa croissance démographique et économique, les accords avec des fournisseurs de gaz comme le Qatar pourraient devenir des piliers d’une stratégie énergétique panafricaine plus vaste — diversifiant les sources, réduisant les vulnérabilités liées à la production locale, et soutenant des ambitions de transition énergétique mieux intégrée.

Ainsi, l’évolution du partenariat énergétique Egypt‑Qatar illustre une dynamique plus large : le rôle croissant des États producteurs du Golfe dans le paysage énergétique africain, où des accords ciblés peuvent contribuer à la sécurité énergétique, à l’attraction d’investissements et à la coopération régionale sur le long terme.

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