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Mining Indaba 2026 : une nouvelle ère minière se dessine

Du 9 au 12 février 2026, le RDV majeur de l’industrie minière africaine, Mining Indaba se tient à Cape Town (Afrique du Sud), réunissant décideurs publics, investisseurs et acteurs clés du secteur. Dans un contexte où plusieurs pays africains réforment leurs cadres réglementaires pour mieux capter la valeur de leurs ressources…

Par Bylkiss Mentari, à Cape Town

Comme chaque année, la plus grande conférence minière du continent africain se tient du 9 au 12 février à Cape Town. Selon les organisateurs, l’objectif pour 2026 est de construire des partenariats solides entre gouvernements, investisseurs, sociétés minières et communautés, afin de structurer la chaîne de valeur des minerais critiques essentiels à la transition énergétique mondiale. L’Afrique détient environ 55 % des réserves mondiales de cobalt, et des parts significatives de manganèse ou de métaux du groupe du platine, ce qui confère au continent un rôle central dans les chaînes d’approvisionnement globales.

Pour les pays africains, cela se traduit par un mouvement économique et politique majeur : revoir leurs cadres législatifs et réglementaires afin d’augmenter leur part de valeur ajoutée locale tout en préservant l’attractivité du secteur. La Guinée illustre bien ce tournant.

Guinée : cap sur la souveraineté et l’attractivité

La Guinée, riche en bauxite, fer et autres minéraux, a amorcé une refonte de ses règles du jeu minier ces dernières années pour renforcer son rôle dans l’exploitation et la transformation de ses ressources.

Pour preuve, l’inauguration récente, de Simandou, l’un des plus grands et plus riches gisements de minerai de fer inexploités au monde, avec une teneur de plus de 65 % en fer, ce projet de plus de 20 milliards de dollars, impliquant Rio Tinto et des consortiums chinois, vise une production de 120 millions de tonnes par an, avec une première exportation attendue vers fin 2025-2026. De quoi positionner la Guinée comme un hub stratégique mondial pour l’industrie minière, avec une vision ambitieuse de transformation et d’intégration industrielle.

Un contexte continental de réformes

Au-delà de la Guinée, d’autres pays africains révisent leurs codes miniers ou leurs régimes de royalties pour mieux capter les retombées économiques. Par exemple, le Ghana a récemment annoncé une augmentation des redevances minières, un pas vers une redistribution plus équitable des avantages du secteur.

Construire des chaînes de valeur durables nécessite des politiques claires, des infrastructures appropriées et des partenariats à long terme

Ces réformes s’inscrivent dans une logique plus large de souveraineté économique, destinée à réduire la dépendance aux exportations de matières premières brutes et à encourager la transformation locale, le transfert de technologie et la création d’emplois. Elles répondent également à la pression croissante des populations pour que leurs ressources naturelles génèrent un impact durable sur le développement national.

L’un des messages forts de Mining Indaba 2026 est que l’Afrique ne peut réussir seule, mais que l’équilibre entre règles nationales renforcées et sécurité juridique pour les investisseurs est crucial. Des sessions ont notamment abordé la façon dont les pays africains peuvent concilier nationalisme des ressources et certitude d’investissement, un débat clé pour attirer des capitaux tout en gardant le contrôle stratégique des secteurs miniers.

Un participant de la Banque mondiale résume ce défi : « Construire des chaînes de valeur durables nécessite des politiques claires, des infrastructures appropriées et des partenariats à long terme. »

Partenariats et attractivité : un équilibre à trouver

La conférence devra également mettre en exergue des enjeux structurels, tels que la nécessité d’investir dans les infrastructures, la formation locale, la transformation industrielle et la gouvernance transparente. La durabilité sociale et environnementale, tout comme l’intégration des communautés locales dans les bénéfices des projets, restent des points essentiels pour renforcer la légitimité des industries minières.

À l’heure où la demande mondiale pour les minerais critiques – indispensables aux technologies vertes et à l’électrification – est en forte croissance, l’Afrique dispose d’un potentiel exceptionnel. Mais capturer la valeur au sein du continent tout en restant attractif pour les partenaires internationaux demeure l’un des principaux défis.

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