Afrique-Moyen Orient

MENA : une reprise économique fragile mais soutenue en 2026

Les dernières projections économiques publiées par la Banque mondiale montrent que la région du Moyen‑Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) se dirige vers une reprise modérée et progressive en 2025‑2026, malgré des contextes de conflit, des incertitudes politiques régionales et des vulnérabilités structurelles qui continuent de peser sur la croissance. Cette dynamique retient l’attention des décideurs économiques et financiers des pays africains du Nord et du pourtour méridional de la Méditerranée, pour qui l’intégration économique régionale et les liens avec les marchés du Moyen‑Orient restent des leviers essentiels de développement global.

Selon la mise à jour des perspectives économiques régionales, le produit intérieur brut (PIB) de la zone Moyen‑Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MENAAP) devrait croître de 2,8 % en 2025 et atteindre environ 3,3 % en 2026, contre seulement 2,3 % en 2024. Cette progression est portée par une meilleure performance que prévu des économies des pays du Conseil de coopération du Golfe (GCC) et par une amélioration de la demande intérieure dans les pays importateurs de pétrole, grâce à la consommation et à l’investissement privés qui contribuent à relancer l’activité économique. 

L’amélioration est également soutenue par une légère reprise de l’agriculture et du tourisme dans certains pays importateurs d’énergie, qui compensent partiellement le ralentissement enregistré dans les exportateurs pétroliers en développement où les conflits et la réduction de la production pèsent encore sur la croissance. 

Les risques issus de l’incertitude mondiale — notamment dans le domaine des politiques commerciales et de la volatilité des prix de l’énergie — demeurent élevés

Cette reprise reste toutefois fragile, car les risques issus de l’incertitude mondiale — notamment dans le domaine des politiques commerciales et de la volatilité des prix de l’énergie — demeurent élevés, et pourraient réduire la demande extérieure pour les biens exportés par la région. Par ailleurs, les guerres en cours et les tensions géopolitiques continuent d’influencer négativement l’environnement des affaires et les flux d’investissement à long terme. 

En termes de structure économique, la Banque mondiale souligne que l’utilisation intégrale de la main‑d’œuvre disponible dans la région, en particulier celle des femmes, représente une opportunité significative pour accélérer la croissance et améliorer les niveaux de vie. L’écart persistant dans la participation des femmes au marché du travail reste un obstacle majeur, qui, s’il était réduit, pourrait accroître substantiellement les revenus par habitant et renforcer la productivité globale dans des pays comme l’Égypte, la Jordanie ou le Pakistan. 

Dans des pays spécifiques de la région, les prévisions montrent des trajectoires contrastées mais généralement positives. Par exemple, les projections pour le Maroc indiquent une croissance économique supérieure à la moyenne régionale, avec une progression prévue du PIB autour de 3,5 % en 2026, ce qui reflète à la fois une amélioration des conditions climatiques après une période de sécheresse et une stabilisation des secteurs clés de l’économie nationale. 

Un rebond de croissance pour les économies du Golfe

La situation des économies du Golfe est également marquée par un rebond de la croissance, en partie grâce à la levée progressive des réductions volontaires de production de l’OPEP+ et à l’expansion soutenue des secteurs non pétroliers, qui ont compensé la stagnation ou la faible croissance de 2024. Cette diversification économique, notamment dans les services, la construction et le tourisme, a contribué à renforcer la résilience économique de la région malgré la persistance de risques externes. 

Pour les pays africains du Nord et ceux voisins du Moyen‑Orient, ces perspectives régionales présentent des enseignements importants. L’interdépendance des économies à travers le commerce, les flux d’investissement et les migrations de main‑d’œuvre signifie que des conditions économiques plus favorables dans la région MENA peuvent se traduire par une augmentation de la demande pour les produits manufacturés et agricoles, une amélioration des transferts de fonds et un renforcement des liens commerciaux transméditerranéens. Cela est particulièrement pertinent pour des pays comme l’Égypte, la Tunisie ou le Maroc, qui bénéficient traditionnellement de relations économiques étroites avec leurs voisins du Moyen‑Orient. 

Volatilité des prix de l’énergie… 

Néanmoins, les défis structurels restent nombreux. Les niveaux de participation au marché du travail, les contraintes fiscales et les vulnérabilités causées par les conflits sont autant de facteurs qui pourraient ralentir la trajectoire de croissance si des politiques appropriées ne sont pas mises en œuvre. De plus, la volatilité des prix de l’énergie et une incertitude persistante sur les marchés mondiaux peuvent limiter la capacité de ces économies à attirer des investissements directs étrangers durables. 

Dans ce contexte, les décideurs économiques et les investisseurs internationaux surveillent de près l’évolution des indicateurs macroéconomiques de la région MENAAP, conscients qu’une reprise robuste et soutenue dépendra autant des réformes structurelles internes que de la stabilité du climat géopolitique et des marchés mondiaux.

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