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Industries culturelles et créatives : cinq ans de croissance soutenue

Enregistrant une progression nettement supérieure à celle de nombreux secteurs industriels traditionnels, les industries culturelles et créatives (ICC) confirment leur rôle de moteur économique. Alors que l’intégration commerciale africaine progresse avec la ZLECAf, ces filières apparaissent comme l’un des leviers les plus prometteurs pour la diversification, l’emploi et le rayonnement du continent.

Selonl’étude Panorama des Industries Culturelles et Créatives 2025, publiée en décembre dernier par EY, à la demande de l’association We Are Creative et avec le soutien du ministère français de la Culture et de Bpifrance, les industries culturelles et créatives ont enregistré une hausse de 21 % de leur valeur ajoutée en cinq ans. Une dynamique deux fois plus rapide que celle observée dans des secteurs comme l’automobile ou l’aéronautique.

En 2024, les ICC représentent 2,9 % du PIB, soit 43,1 milliards d’euros de valeur ajoutée directe, pour un chiffre d’affaires de 102,7 milliards d’euros. Le secteur mobilise 586 000 emplois directs et plus de 1,1 million d’emplois en intégrant les effets indirects et induits, un volume en hausse de 13 % depuis 2019. Malgré le choc de la crise sanitaire en 2020 (-17 % d’activité), la filière a bénéficié d’un fort rattrapage à partir de 2022.

Le rapport souligne que « les industries culturelles et créatives constituent un pilier majeur de la croissance, un laboratoire d’innovation et l’un des leviers les plus puissants du rayonnement culturel et international ».

Un effet d’entraînement réel

Les ICC couvrent dix branches reconnues par l’UNESCO, allant de l’audiovisuel au jeu vidéo, en passant par la musique, le livre, la presse ou le spectacle vivant. Certaines filières, comme le jeu vidéo, la musique enregistrée ou l’animation, affichent une forte dynamique, notamment à l’export, tandis que d’autres, comme la presse ou la radio, restent fragilisées par la transition numérique.

Chaque euro de valeur ajoutée directe généré par les ICC crée 1,13 euro supplémentaire dans le reste de l’économie (tourisme, commerce, restauration), confirmant leur rôle transversal. Le taux moyen d’exportation atteint 17 %, avec de fortes disparités selon les branches.

ZLECAf : un cadre encore jeune mais porteur pour les ICC

Entrée en vigueur en 2021, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) vise à créer le plus grand marché intégré du monde en nombre de pays participants. Depuis son lancement, elle a posé les bases juridiques et institutionnelles de la libéralisation progressive des échanges intra-africains, même si la montée en puissance reste graduelle.

Pour les industries culturelles et créatives africaines, la ZLECAf offre un cadre inédit : réduction des barrières tarifaires, harmonisation progressive des règles, et élargissement des marchés pour des contenus culturels souvent confrontés à la fragmentation nationale. Musique, cinéma, audiovisuel, mode ou jeux vidéo figurent parmi les secteurs les plus directement concernés par cette intégration.

Toutefois, les défis demeurent importants : infrastructures logistiques et numériques inégales, protection de la propriété intellectuelle, financement des entreprises créatives et structuration des chaînes de valeur. La ZLECAf ne constitue donc pas une solution automatique, mais un levier stratégique, à condition d’être accompagnée de politiques publiques adaptées et d’investissements ciblés.

La création et l’innovation sont au cœur de la croissance économique et du rayonnement

Comme le souligne Éric Newton, président de We Are Creative, « la création et l’innovation sont au cœur de la croissance économique et du rayonnement ». Cette logique s’applique pleinement au continent africain, où la démographie, la créativité et la digitalisation rapide constituent des atouts majeurs.

À terme, l’articulation entre la montée en puissance des ICC et la ZLECAf pourrait favoriser l’émergence de champions culturels panafricains, renforcer les échanges intra-africains et accroître la visibilité mondiale des créations africaines, tout en contribuant à l’emploi et à la diversification économique.

Consulter l’étude : Panorama des Industries Culturelles et Créatives 2025

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