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Etats-Unis : le shutdown plombe l’économie

Les données économiques publiées fin février 2026 montrent un net ralentissement de l’économie américaine au quatrième trimestre de 2025, avec une croissance annuelle du Produit Intérieur Brut (PIB) qui plafonne à 1,4 % — bien en deçà des attentes des économistes. Ce ralentissement, marqué par une chute de l’activité liée à un shutdown historique et par un affaiblissement de la consommation, soulève des questions sur les perspectives de 2026, la politique monétaire américaine et la confiance des agents économiques.

Selon les premières estimations du Bureau of Economic Analysis (BEA), l’économie des États‑Unis a enregistré une progression du PIB de 1,4 % en rythme annualisé sur la période octobre‑décembre 2025, contre 4,4 % au trimestre précédent et loin des prévisions des analystes, qui tablaient sur environ 2,8 % à 3 % de croissance.

Ce chiffre traduit une décélération marquée, attribuée dans une large mesure à l’impact économique d’un shutdown fédéral de 43 jours, le plus long de l’histoire récente des États‑Unis, qui a paralysé une partie de l’administration et réduit de façon significative les dépenses publiques.

Freins à la croissance : shutdown et dépenses

L’impact du shutdown se fait sentir à plusieurs niveaux : les services fournis par les fonctionnaires ont chuté, les dépenses fédérales en biens et services se sont effondrées, et des programmes sociaux temporaires ont été réduits, ce qui aurait soustrait près de 1 point de pourcentage à la croissance du PIB trimestriel.

Parallèlement, la consommation des ménages — moteur traditionnel de l’économie américaine — a ralenti, avec une hausse limitée à environ 2,2 %, contre une progression de 3,5 % au trimestre précédent. Cette modération traduit un climat d’incertitude accru chez les consommateurs.

Un contexte économique contrasté

Sur l’ensemble de l’année 2025, l’économie américaine a tout de même affiché une croissance positive d’environ 2,2 %, légèrement inférieure à celle de 2024 (2,8 %), mais encore modérée.

Les marchés du travail restent relativement solides, avec un taux de chômage autour de 4,3 %, mais la création d’emplois a été plus faible qu’attendu. Moins de 200 000 emplois ont été ajoutés en 2025, un chiffre historiquement bas hors période de pandémie.

Inflation et politique monétaire constituent un autre point d’attention. L’indice des prix à la consommation core PCE — la mesure d’inflation privilégiée par la Réserve fédérale — est ressorti autour de 3 % en décembre, au‑dessus de l’objectif de 2 % de la Fed, compliquant ainsi les perspectives de baisse des taux d’intérêt malgré le ralentissement économique.

 Une croissance ralentie d’un côté, une inflation encore résistante de l’autre.

Pour les économistes, ce net ralentissement illustre à la fois la vulnérabilité de l’économie américaine aux perturbations politiques et la complexité du cycle actuel : une croissance ralentie d’un côté, une inflation encore résistante de l’autre.

Certains analystes estiment que l’économie pourrait rebondir en 2026 avec la reprise pleine et entière des dépenses publiques et des mesures fiscales destinées à soutenir la demande. D’autres mettent en garde contre un climat de confiance fragile des consommateurs, avec des indices de sentiment à des niveaux bas qui pourraient freiner la consommation à l’avenir.

Sur les marchés financiers, l’annonce du PIB a entraîné des réactions mitigées : les indices boursiers ont ouvert en baisse alors que les investisseurs réévaluent les probabilités de nouvelles mesures de soutien monétaire face à une inflation qui reste au‑dessus de la cible.

Un signal fort de ralentissement de l’économie

Le ralentissement du PIB américain à 1,4 % au quatrième trimestre 2025 constitue un signal fort de ralentissement de l’économie à la sortie de l’année. S’il ne marque pas une récession technique, il met en lumière des fragilités structurelles, une dépendance aux politiques publiques, et des défis persistants en matière de consommation et d’investissement. Le shutdown, en particulier, apparaît comme un facteur amplificateur de ce ralentissement, dont les effets pourraient s’atténuer si la confiance des ménages et des entreprises se stabilise en 2026.

Qu’est-ce qu’un shutdown fédéral ?

Aux États-Unis, un shutdown survient lorsque le Congrès et le président ne parviennent pas à voter le budget ou les financements nécessaires à temps. Conséquence : une partie de l’administration fédérale cesse ses activités.

  • Services fermés ou réduits : parcs nationaux, bureaux administratifs, agences non essentielles.
  • Fonctionnaires concernés : ceux des services non essentiels sont mis en congé sans salaire (furlough), tandis que les missions critiques (sécurité, santé, justice) continuent.
    Impact économique : réduction des dépenses publiques, perturbation des programmes sociaux, retards administratifs, et effet négatif sur la consommation et la confiance des ménages.

Le shutdown de 2025, le plus long de l’histoire récente (43 jours), a fortement ralenti l’économie américaine, contribuant à la faible croissance du PIB au quatrième trimestre.

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