Économie : la croissance africaine atteint 4,2 % en 2025 selon la BAD
Publié le 30 mars 2026 à Abidjan, le rapport sur les perspectives macroéconomiques de la Banque africaine de développement confirme une reprise solide, avec une croissance du PIB estimée à 4,2 % en 2025 et des perspectives globalement favorables malgré des risques géopolitiques. Par la rédaction

La Banque africaine de développement (BAD) dresse un constat encourageant de la trajectoire économique du continent africain. Dans son rapport « Africa’s Macroeconomic Performance and Outlook 2026 », publié le 30 mars 2026 à Abidjan, l’institution estime que la croissance du PIB africain a atteint 4,2 % en 2025, contre 3,5 % en 2024.
« L’Afrique compte aujourd’hui 12 des 20 économies les plus dynamiques au monde »
Cette progression traduit une reprise largement partagée à l’échelle du continent. « L’Afrique compte aujourd’hui 12 des 20 économies les plus dynamiques au monde en 2025 », a déclaré Sidi Ould Tah, soulignant la diversité des moteurs de croissance et la résilience des économies africaines dans un contexte international incertain.
Les perspectives à moyen terme restent orientées à la hausse. La BAD anticipe une croissance de 4,3 % en 2026 puis de 4,5 % en 2027, portée par la consommation privée, l’assouplissement des conditions monétaires et une demande extérieure plus dynamique. Cette trajectoire confirme que le continent demeure l’une des régions les plus dynamiques au monde, malgré des contraintes structurelles persistantes.
L’Afrique de l’Est demeure la zone la plus performant
Au-delà de la tendance globale, le rapport met en évidence des dynamiques régionales contrastées. L’Afrique de l’Est demeure la zone la plus performante avec une croissance estimée à 6,4 % en 2025. En Afrique de l’Ouest, la croissance atteint 4,7 %, soutenue par plusieurs économies en expansion. Ces performances traduisent un ancrage progressif de la croissance dans des secteurs variés, allant de l’agriculture aux services, en passant par les infrastructures et les industries extractives.
Cependant, ces perspectives restent fragiles. Le rapport souligne que les prévisions ont été établies avant la récente escalade des tensions au Moyen-Orient. « Il est essentiel de mettre en œuvre des politiques audacieuses pour soutenir la croissance et atténuer les risques », a averti Sidi Ould Tah.
Parmi les priorités identifiées figurent une meilleure gestion de la dette publique, le renforcement de l’intégration économique à travers la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), ainsi que l’amélioration de l’efficacité des investissements publics. Ces leviers sont considérés comme essentiels pour transformer la croissance en développement durable.
Les risques concernent également les chaînes d’approvisionnement mondiales. Une perturbation du détroit d’Ormuz pourrait affecter l’accès à des ressources stratégiques — pétrole, gaz, engrais — et freiner les investissements vers le continent. Dans un contexte de volatilité accrue, la capacité des économies africaines à absorber ces chocs sera déterminante.
Malgré ces incertitudes, la BAD insiste sur la résilience du continent. L’Afrique a déjà démontré sa capacité d’adaptation face à des crises majeures comme la pandémie de COVID-19 ou la guerre en Ukraine. La priorité reste la mise en œuvre de politiques macroéconomiques solides, fondées sur la mobilisation des ressources intérieures et le renforcement des filets sociaux.
Au-delà des chiffres, le rapport souligne une transformation progressive des économies africaines, marquée par une diversification accrue et une montée en puissance de nouveaux pôles de croissance. Cette dynamique sera au cœur des débats lors des prochaines Assemblées annuelles de la BAD, prévues du 25 au 29 mai 2026 en République du Congo.



