IATF 2023 : une foire commerciale pour “se réunir, comprendre les marchés, se connaître eux-mêmes et mieux comprendre les pays africains”
Un potentiel énorme à exploiter. C’est ainsi que pourrait être résumé le marché commercial entre pays africains. Des défis de titan qu’Afreximbank et le secrétariat de la zone de libre-échange continentale (ZLECAF) comptent relever. A travers la prochaine édition.

Par la rédaction
Même si un rapport 2022 d’Afreximbank a révélé queles échanges commerciaux intra africains ont atteint 193,17 milliards de dollars US, soit une hausse de 18,6%, il n’en demeure pas moins que le potentiel du commerce entre pays africains est loin d’être exploité. Pour cause, le commerce n’a constitué « que 15% du total des échanges commerciaux de l’Afrique ».
C’est justement pour tirer le maximum de profits de ce marché que la Banque africaine d’Import-Export (Afreximbank), multiplie les initiatives. Parmi elles, la Foire commerciale intra-africaine (IATF) dont la troisième édition se tiendra du 9 au 15 novembre 2023 au Caire, en Égypte. Organisée en collaboration avec la Commission de l’Union africaine (CUA) et le Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), cette rencontre vise à fournir une plateforme unique pour faciliter l’échange d’informations sur le commerce et l’investissement afin de soutenir le développement du commerce et de l’investissement intra africains, en particulier dans le contexte de la mise en œuvre de l’Accord sur la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Pour le Professeur Benedict Oramah, Président d’Afreximbank et du Conseil d’administration de la Banque, leplus grand défi à relever sur le continent est le manque d’informations sur le commerce et le marché. Car dit-il, un habitant d’un pays africain en sait beaucoup plus sur ce qui se passe en Amérique, en Europe et en Asie que sur ce qui se passe dans le pays voisin de l’autre côté de la frontière. Pour y remédier, estime-t-il, « il faut créer une plateforme telle que l’IATF, qui permet aux Africains de se réunir pour comprendre leurs marchés, se connaître eux-mêmes et mieux comprendre les pays africains. L’Égypte a été l’un des principaux bénéficiaires de l’IATF. À l’occasion de la première foire commerciale en 2018, qui s’est tenue au Caire, l’Égypte a signé la plus grande part des accords sur le commerce et l’investissement conclus à cet évènement », a-t-il rappelé. Même si elle est dédiée au commerce intra-africain, la Foire verra la participation d’acteurs continentaux et internationaux qui présenteront « les opportunités d’affaires et d’investissement sur le continent ». L’IATF offre en outre une plateforme pour partager des informations sur le commerce, les investissements et le marché avec les parties prenantes et permet aux participants d’examiner et d’identifier des solutions aux difficultés auxquelles sont confrontés le commerce et l’investissement intra-africain.
Des accords commerciaux et d’investissement de près de 43 milliards dollars attendus

A l’heure du bilan des deux premières éditions, les chiffres font état de plus de 2 500 exposants de 77 pays, plus de 74 milliards de dollars US de transactions…Pour Olusegun Obasanjo, Président du Conseil consultatif de l’IATF2023 et ancien Président de la République fédérale du Nigeria, cette foire est une mine d’opportunités que les pays africains doivent saisir. En effet, dit-il, plus de 1 600 exposants, plus de 35 000 visiteurs, acheteurs et délégués de conférence provenant des 55 pays africains et du reste du monde sont attendus. L’évènement, poursuit Obasanjo, prévoit par ailleurs la conclusion de plus de 43 milliards de dollars US d’accords commerciaux et d’investissement.
Au-delà des échanges, la Foire constitue, d’après la Conseillère principale en communication, Grace Khoza, représentant le Secrétaire général de la ZLECAf, une plateforme qui doit permettre aux Africains de se connecter et de se connaître les uns, les autres. « Les Africains ont besoin de comprendre les produits fabriqués dans les différentes régions d’Afrique qui pourraient être exportés vers d’autres régions d’Afrique. L’Égypte, qui est la deuxième économie d’Afrique, devrait bénéficier des immenses possibilités offertes par l’IATF en tant que marché de la ZLECAf », a-t-elle indiqué.
Afreximbank, catalyseur de la Zlecaf

Dans cette dynamique d’amélioration des échanges entre pays africains, Afreximbank compte jouer un rôle de premier plan. D’après la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, la ZLECAf, pourrait stimuler les échanges commerciaux intra africains d’environ 33 % et réduire de 51 % le déficit commercial du continent. Une étude de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique va même plus loin. Elle indique qu’à l’horizon 2030, le fret transporté par les navires passerait de 58 millions à 132 millions de tonnes avec la mise en œuvre de la ZLECAf.
Autant de potentiels qu’Afreximbank veut aider à stimuler. C’est tout le sens du guichet unique lancé en collaboration avec la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Par ailleurs, Afreximbank a mis à la disposition de la ZLECAF une enveloppe d’un milliard de dollars dans le cadre du Fonds d’ajustement. Un fonds dédié à soutenir les pays qui ont subi des pertes du fait de la réduction ou de l’élimination des droits de douane mais aussi de soutenir le processus d’adaptation au nouvel environnement commercial libéralisé et intégré du marché commun.



