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Assemblées annuelles de la BAD 2023 : mobiliser le financement du secteur privé pour la croissance verte et climatique

Les chocs climatiques représentent l'une des plus grandes menaces pour les perspectives de développement socio-économique de l'Afrique. Les projections récentes indiquent unanimement que l'Afrique sera l'un des continents les plus touchés. Le thème de la prochaine édition des Assemblées annuelles de la Banque Africaine de Développement qui se tiendront du 22 au 26 mai à Charm el-Cheikh, en Egypte.

La station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh accueillera les Assemblées annuelles du Groupe de la Banque du 22 au 26 mai prochain. Chaque année, les Assemblées se veulent une occasion de partage des connaissances entre les décideurs de haut niveau en Afrique, les principaux responsables des organismes de développement bilatéraux et multilatéraux, les universitaires et les représentants des organisations non gouvernementales, de la société civile et du secteur privé.

Ces derniers seront invités cette année à plancher sur la question du réchauffement climatique. Mobiliser les financements du secteur privé en faveur du climat et de la croissance verte en Afrique est le thème de cette édition qui couvre à la fois la 58e Assemblée annuelle de la Banque africaine de développement et la 49e réunion du Fonds africain de développement.

L’Afrique a perdu, chaque année, quelque 5 à 15 % de la croissance de son PIB par habitant, en raison des risques liés au changement climatique

L’Afrique a connu des risques et des chocs climatiques, ainsi que d’autres phénomènes météorologiques extrêmes récurrents, au cours des deux dernières décennies. Au total, 131 catastrophes liées à des conditions météorologiques extrêmes et au changement climatique ont été enregistrées sur le continent en 2020 et 2021.

On estime que l’Afrique a perdu, chaque année, quelque 5 à 15 % de la croissance de son PIB par habitant, entre 1986 et 2015, en raison des risques liés au changement climatique. Malgré sa faible contribution au réchauffement de la planète, le continent a continué à souffrir de manière disproportionnée des catastrophes naturelles liées au climat, notamment les sécheresses, la désertification, les inondations, les cyclones tropicaux, les stress thermiques et les déficits hydriques, entre autres. En outre, en l’absence de politiques solides en matière de changement climatique, les projections montrent que l’Afrique pourrait perdre entre 2 % et 12 % de son PIB à l’horizon 2100, selon les scénarios de réchauffement climatique, contre moins de 1 % pour les États-Unis, l’Union européenne et le Royaume-Uni, ou entre 1 % et 5 % pour la Chine.

Un déficit de financement climatique pouvant atteindre 127,2 milliards d’USD par an jusqu’en 2030

La lutte contre le changement climatique et la promotion d’une transition verte sont donc fondamentales pour le développement durable de l’Afrique. Mais cela nécessitera la mobilisation de ressources importantes. Selon les PEA 2022, entre 1 300 et 1 600 milliards d’USD sont nécessaires, sur la période 2020-2030, pour mettre en œuvre l’action climatique de l’Afrique telle qu’exprimée dans les contributions déterminées au niveau national (CDN) des pays. Par rapport aux flux de financement climatique reçus chaque année par l’Afrique, un déficit de financement climatique pouvant atteindre 127,2 milliards d’USD par an subsistera jusqu’en 2030, si ces tendances se maintiennent. Avec la promesse non matérialisée de mobiliser et de fournir 100 milliards d’USD de financement climatique par les pays développés, et les contraintes budgétaires lourdes dans la plupart des pays africains davantage exacerbées par la pandémie de COVID-19 et l’invasion en cours de l’Ukraine par la Russie, d’autres sources de financement sont nécessaires pour le changement climatique et la croissance verte.

Mobiliser d’autres sources de financement pour le changement climatique et la croissance verte en Afrique

Le besoin urgent de mobiliser d’autres sources de financement pour le changement climatique et la croissance verte en Afrique – en particulier en tirant parti du secteur privé national et international et en exploitant l’énorme capital naturel du continent, a éclairé le choix du thème approuvé pour les Assemblées annuelles de 2023 et les événements liés au savoir prévus. Ce thème permettra à la Banque de jouer un rôle mobilisateur et de leader d’opinion sur les deux questions que sont le changement climatique et la transition vers une croissance verte.

Intervenant quelques mois après la COP27, la « COP de l’Afrique », les discussions au cours des événements liés au savoir des Assemblées annuelles 2023 permettront des évaluations et des discussions franches et opportunes, ainsi que des recommandations explicites et pratiques sur la façon dont l’Afrique peut mobiliser le financement du secteur privé pour s’adapter au changement climatique et en atténuer les effets, atteindre ses objectifs de transition à faible émission de carbone et réaliser ses ambitions en matière de croissance verte et de développement durable. Elles permettront également à la Banque de répondre à l’un de ses engagements visant à renforcer l’alignement stratégique et l’orientation opérationnelle, par l’appui à une transition vers un développement à faible émission de carbone et résilient au climat.

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