Côte d’Ivoire-CAN 2023 : une opportunité pour relever le défi des infrastructures économiques
La Côte d’Ivoire accueille à partir de janvier 2024, la Coupe d’Afrique des Nations. Au-delà de l’aspect sportif, cet évènement est une opportunité d’accroissement d’infrastructures économiques dans le pays qui serviront bien après la compétition.

Par Issiaka N’guessan, à Abidjan
Dans le cadre des préparatifs de la Coupe d’Afrique prévue en janvier 2024, une mission de la direction régionale du ministère du Tourisme et des Loisirs de la région du N’zi (Dimbokro, Centre-Est) est en tournée d’inspection dans les établissements hôteliers. Les villes choisies pour accueillir les matchs sont Abidjan, Yamoussoukro, Bouaké, Korhogo et San Pedro. Ce sont des villes universitaires ivoiriennes, des capitales régionales en pleine expansion. N’ayant pas abrité cette compétition depuis 1984, la Côte d’Ivoire compte bien profiter de ses retombées et les atouts ne manquent pas. D’Abidjan à Korhogo, le pays possède de moyens de communication modernes. Ce sont des aéroports qui facilitent la desserte aérienne de toutes les localités choisies. La Compagnie nationale Air Côte d’Ivoire, en assure la desserte tous les jours. Par la route, c’est un linéaire entièrement bitumée sur 563.5 Km qui facilite la jonction entre la capitale économique ivoirienne et la capitale de la Région du District des Savanes. Plusieurs compagnies de transport par cars climatisés, assurent la desserte chaque jour. A côté de Korhogo, se trouve Ferkéssedougou, à 50 Km au Nord-Est, avec une voie bitumée et des complexes hôteliers à même de favoriser le logement de délégations.
A Bouaké, 2è plus grande ville du pays, tout comme à Yamoussoukro, Abidjan et San Pedro, deuxième ville portuaire du pays, de grands réceptifs hôteliers ont été construits pour le tourisme. Une population chaleureuse et une cuisine variée constituent des atouts indéniables. Outre des restaurants high level, se trouvent des « maquis », cette particularité ivoirienne, où l’on se restaure dans une ambiance à l’africaine. Pour cette grand-messe du football africain, le gouvernement ivoirien a décidé de mettre les petits plats dans les grands, avec des travaux d’envergure.
Grands travaux
Dans chacune des villes, s’effectuent à grands pas contre le temps, des travaux immobiliers pour les cités CAN où seront logées les délégations des autres pays. Ce sont des dizaines de villas de haut standing qui ont été ainsi construites pour les besoins de la cause. Le passage en revue des lits disponibles a contraint à la mise aux normes d’établissements hôteliers. Hôtel Président de Yamoussoukro, les Parlementaires, toujours dans la capitale politique et administrative, le RAN hôtel à Bouaké, tous du domaine public sont en chantier. Des privés sont en chantier de réhabilitation, tout comme les petits réceptifs à même de recevoir le petit personnel à côté des grandes personnalités de la Confédération Africaine de Football (CAF).
Le stade, Félix Houphouët-Boigny, à Abidjan, est en chantier. Celui d’Ebimpé, à l’ouest d’Abidjan, reçoit les dernières touches. Celui dit de la Paix à Bouaké, est achevé et accueille des matchs internationaux. Ces stades font partie, avec celui en finition à Korhogo, celui achevé de Yamoussoukro, mais fermé pour les derniers travaux après des évaluations, de grands stades sortis de terre. Celui de Bouaké a subi un lifting et un agrandissement.
Last but no least, la construction de l’autoroute Yamoussoukro-Bouaké. En fait au constat, cette infrastructure autoroutière dépasse Bouaké et veut consacrer le rêve du père fondateur, Félix Houphouët-Boigny, qui, dans les années 70, entendait construire une autoroute du Sud au Nord. La nouvelle autoroute passe donc derrière la ville de Bouaké pour sortir sur la route du Nord, non loin du village de Bamoro, à au moins 10 Km de Bouaké. Objectif, atteindre le Nord. L’aéroport de Korhogo bénéficie lui, de travaux d’agrandissement et de prolongement de la piste d’atterrissage au même titre que l’aéroport de San Pedro. Des instructions de la Confédération africaine de football !
Le plus important est de capitaliser sur ces acquis après l’événement
Guillaume Liby, banquier et économiste
Autre acquis de la CAN, la construction de centres hospitaliers régionaux (CHR) à Bouaké, Korhogo et la remise à niveau de celui de San Pedro et de Soubré non loin de là. Des infrastructures de développement qui bénéficieront au pays. Toute chose qui fait dire à Guillaume Liby, banquier et économiste au Cabinet William Khamey Advisors, spécialisé dans l’analyse macroéconomique et financière, que la « CAN est toujours un grand moment de festivités et de publicité pour le pays organisateur. Des nouvelles infrastructures sportives, de communication et d’hospitalité voient le jour. Le plus important est de capitaliser sur ces acquis après l’événement ».
La Côte d’Ivoire, grâce à l’Agence française de développement, a bénéficié de l’installation de deux nouveaux centres de dispatching électrique à Yamoussoukro et Bouaké. Mieux, des travaux d’un coût global de 1 900 milliards FCFA sont en cours dans le pays pour, dans trois ans, offrir une pleine autonomie énergétique aux Ivoiriens. Par ailleurs, deux nouvelles lignes moyenne tension pour soulager les trois lignes existantes qui sont arrivées à saturation ont été créées. Des informations révèlent que ces travaux sont pour certains totalement achevés et très avancés pour d’autres.



