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Relance économique : l’Afrique du Sud entrevoit le bout du tunnel

En proie à des difficultés économiques ces dernières années, l’Afrique du Sud entrevoit le bout du tunnel. Un début de renouveau que le pays doit en grande partie, au succès de la campagne gouvernementale de mobilisation des investissements lancée par le gouvernement. L'objectif de 1 200 milliards de rands d'investissements sur cinq ans, est en passe d’être atteint. Mais le pays ne compte pas s’en arrêter là.

Par Faraï Diza, à Johannesburg

L’Afrique du Sud ne s’arrête pas dans sa volonté de se remettre sur les rampes du développement. L’objectif de 1200 milliards de rands en passe d’être atteint, voilà que le pays se projette. Désormais, le gouvernement cherche 2 000 milliards de rands. C’est ce qu’a révélé son président Cyril Ramaphosa, alors qu’il parlait de la campagne d’investissement de 2 billions de rands. Il espère que la nation aurait réalisé cet exploit dans un cycle de conduite de cinq ans qui est déjà en cours. En effet, l’année 2022 a été marquée en Afrique du Sud par une fluctuation des prix pour les consommateurs et les entreprises qui ont occasionné des pertes énormes pour les commerces sud-africains, dans le premier semestre de 2023.  D’ailleurs, un rapport de Statistics South Africa révèle que les ventes auraient baissé de 0.8% en janvier par rapport à l’année précédente. L’inflation annuelle des prix à la consommation était de 6,9 % en janvier. Des faits marquants que le président Ramaphosa a d’ailleurs rappelés dans son discours d’ouverture de la 5e Conférence sur l’investissement en Afrique du Sud (SAIC), qui s’est tenue récemment à Johannesburg.

« Près de 70% des projets annoncés depuis 2018 sont, soit achevés, soit en voie d’achèvement. À ce jour, environ 460 milliards de rands de capital ont été investis dans la construction de nouvelles usines, l’achat d’équipements, la construction de routes, le fonçage de puits de mine et le déploiement d’infrastructures à large bande », a déclaré M. Ramaphosa.

Selon Cyril Ramaphosa, les moteurs de la croissance économique seront alimentés par une modernisation industrielle, technologique et institutionnelle stimulée, un renforcement des infrastructures… Et dans ce programme, indique-t-il, les différentes zones économiques spéciales (ZES) réparties dans toute l’Afrique du Sud dans des endroits tels que Richards Bay, Coega, Atlantis et Tshwane constituent une partie essentielle. Cependant, malgré ses grandes ambitions, le programme ne semble pas convaincre tout le monde, notamment la principale opposition politique, l’Alliance démocratique.

Le porte-parole de la DA sur le commerce, l’industrie et la concurrence, M. Dean Macpherson, estime « que la campagne d’investissement proposée ne traitera pas les causes profondes de l’inégalité des chances ni ne profitera à la majorité des citoyens pauvres et vulnérables ». Mais la PDG de Business Leadership South Africa, Miss Busi Mavuso, elle, se veut optimiste. « Le succès signifie une approbation de l’optimisme dans les perspectives de croissance du pays par la communauté des investisseurs. Le fait que le gouvernement ait eu la prévoyance de se lancer dans une campagne de mobilisation des investissements dans un environnement économique aussi difficile est encore plus louable », a déclaré Mlle Mavuso.

Un développement positif pour attirer les investisseurs

Le plan directeur du président Ramaphosa intervient à un moment où l’Afrique du Sud est confrontée à de sérieux défis rendus nécessaires par des coupures d’électricité. Pour Miss Busi Mavuso, il n’y a pas à chercher loin, « seul un développement positif dans le pays peut attirer la confiance des investisseurs. Le gouvernement avance apparemment beaucoup trop lentement dans l’ouverture des industries critiques à une participation privée intensive. Le secteur privé est prêt à retrousser nos manches et à mettre la main à la pâte pour résoudre les problèmes de l’Afrique du Sud et développer son économie », a-t-elle dit.

Pour sa part, la Banque de réserve, dans sa dernière déclaration du comité de politique monétaire, a attiré l’attention sur les impacts des délestages.  « Le délestage à lui seul déduira deux points de pourcentage de la croissance cette année. Il peut également avoir des effets de prix plus larges sur le coût de faire des affaires et le coût de la vie, en particulier à mesure que la consommation de diesel augmente », a-t-elle déclaré. Elle rappelle, par ailleurs, que la capacité à produire de l’électricité qui répond à la demande est l’endroit où la campagne d’investissement peut être gagnée.

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