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Banque et assurance : Afreximbank à l’assaut des assurances

Face à la rareté des ressources dont le continent africain a urgemment besoin, Afreximbank explore le créneau des assurances. Une aubaine pour les économies dans un contexte de mise en œuvre de la ZLECAf.

Par Oumar FEDIOR, à Accra

120 milliards de dollars américains et 100 milliards de dollars américains. C’est respectivement, le gap du financement du commerce et des infrastructures en Afrique. Les chiffres sont éloquents. Ils sont fournis par Benedict Oramah, Président du conseil d’administration d’Afreximbank. Il s’exprimait le 18 juin, à l’ouverture de la célébration du 30ème anniversaire de la banque à Accra au Ghana. Dans un contexte de rareté des ressources, Afreximbank a décidé d’investir le créneau des assurances. C’est tout le sens de la nouvelle trouvaille, Afrexim Insurance Management Company « AfrexInsure ».

En réduisant le risque de transactions ou d’investissements, l’assurance peut aider à faire avancer la stratégie commerciale pour ceux qui sont engagés dans le commerce intra-africain

«En tant qu’outil clé de gestion du commerce, permettant aux entreprises de poursuivre des stratégies commerciales ambitieuses en réduisant les risques, les produits d’assurance et de réassurance sur mesure pour l’Afrique, auront une influence significative sur la stimulation du commerce africain. En réduisant le risque de transactions ou d’investissements, l’assurance peut aider à faire avancer la stratégie commerciale pour ceux qui sont engagés dans le commerce intra-africain et permettre aux partenaires mondiaux de promouvoir leurs intérêts et leurs ambitions commerciaux en Afrique », a expliqué Benedict Oramah. 

Dans le détail, il indique que l’approche est d’autant plus urgente que le déficit d’infrastructures continue d’entraver la croissance du commerce africain. Parce que, dit-il, le transport aérien reste prohibitif, et le transport ferroviaire n’est souvent pas une option, en raison de l’absence d’infrastructure ferroviaire. En même temps, poursuit-il, le transport routier et maritime, qui domine le commerce africain, ne convient souvent pas à de nombreux produits en raison de leur vie périssable relativement courte. 

Le salut par la Zlecaf ?

Malgré sa ratification par 47 pays africains, la Zone de libre-échange continentale francophone [(ZLECAf) tarde à atteindre sa vitesse de croisière. La faute essentiellement à un déficit de financement. C’est le diagnostic de son président Mohammed Issoufou, par ailleurs ancien chef d’état du Niger. Selon lui, s’il n’y a pas assez de finances, même si les barrières commerciales sont éliminées, les objectifs ne seront pas atteints. C’est pourquoi il estime que la ZLECAf et Afreximbank doivent être considérées comme des partenaires naturels. « L’Afrique compte sur Afreximbank pour créer un meilleur avenir. Le déficit annuel du commerce en Afrique est de  81 milliards de dollars, alors que le continent ne s’est pas encore remis de la pandémie de Covid et vit encore les effets de la crise entre la Russie et l’Ukraine. Ce sont de sérieuses menaces. Mais elles peuvent aussi être une occasion de réduire les dépendances de l’extérieur. Nous devons assurer notre souveraineté alimentaire. L’accélération de la ZLECAf est un levier qui peut nous aider à transformer cette crise en opportunités », a-t-il plaidé.

L’accélération de la ZLECAf est un levier qui peut nous aider à transformer cette crise en opportunités

Un des piliers du secteur privé africain, Aliko Dangote nourrit lui aussi beaucoup d’espoir en la ZLECAf. Il estime que cette initiative est la voix du salut pour atteindre les objectifs de développement et de résilience économique à l’aide du commerce. Pour l’atteinte des objectifs, il appelle le secteur bancaire à se mettre ensemble pour apporter plus de facilités et d’accompagnements aux acteurs. [Il faut que les Africains aient de bonnes banques et des institutions financières solides], a-t-il dit.

D’après une note de la Banque mondiale, la ZLECAf, entrée en vigueur le 1er janvier 2021 et signée par 54 pays (mais ratifié par seulement 44), pourrait permettre aux pays africains de faire sortir de l’extrême pauvreté 30 millions d’habitants et d’accroître le revenu de 68 millions d’autres personnes qui vivent avec moins de 5,50 dollars par jour. Sur les 450 milliards de dollars de gains potentiels, environ 300 milliards proviendraient des mesures de facilitation du commerce visant à lever les freins bureaucratiques et à simplifier les procédures douanières.

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