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Kenya : ses ambassades deviennent de véritables hubs commerciaux numériques

En février 2026, le Kenya a lancé deux plateformes interconnectées, BiasharaLink et Deal House, visant à transformer ses ambassades en moteurs d’échanges commerciaux et à booster le commerce et l’investissement intra‑africains.

Présentées à Addis‑Abeba en marge du 39ᵉ Sommet de l’Union africaine, ces plateformes s’inscrivent dans la mise en œuvre pratique de la Zone de libre‑échange continentale africaine (ZLECAf). Elles visent à combler ce que les dirigeants kényans appellent le déficit d’application de la ZLECAf, où de nombreuses opportunités de commerce restent des annonces plutôt que des contrats signés.

Une plateforme commune pour capturer et organiser des opportunités, reliant opportunité à exécution

Le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Kenya, Musalia Mudavadi, a qualifié l’initiative de « nouveau modèle de diplomatie économique axé sur les résultats », soulignant que ces outils fournissent « une plateforme commune pour capturer et organiser des opportunités, reliant opportunité à exécution ». 

Quant à Wamkele Mene, Secrétaire général de la ZLECAf, il a noté que, face aux perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales, « l’Afrique doit renforcer son marché intérieur » et tirer parti de systèmes commerciaux efficaces pour y parvenir. 

Développées par Real Sources Africa, institution panafricaine d’infrastructures commerciales désignée comme la société AfCFTA Trading Company du Kenya, ces plateformes exploitent le potentiel des plus de 1 000 missions diplomatiques africaines. Selon les développeurs, ces missions reçoivent chaque mois plus de 3 500 demandes commerciales, dont moins de 1 % se concrétisent en transactions réelles. BiasharaLink sert de registre numérique pour saisir et structurer ces opportunités selon les priorités de la ZLECAf, tandis que Deal House agit comme moteur d’exécution en validant les opportunités, en mettant en relation les acteurs crédibles, en facilitant l’accès au financement et en favorisant la signature de contrats. 

Un tournant pour le Kenya…et l’Afrique

Des acteurs privés saluent l’initiative comme un tournant. James Mwangi, PDG de Equity Group Holdings, a estimé que l’Afrique ne manque pas d’opportunités, mais d’exécution structurée, et que ces plateformes contribuent à passer « des accords informels à des transactions formalisées avec transparence », condition essentielle pour attirer capital et confiance. 

En repositionnant les représentations diplomatiques en acteurs actifs du commerce, le Kenya entend non seulement dynamiser le flux des transactions intra‑africaines, mais aussi intégrer davantage les PME et entreprises dirigées par des femmes dans les chaînes de valeur régionales. Cette initiative reflète l’engagement de Nairobi, sous la présidence de William Samoei Ruto à l’Assemblée de l’Union africaine pour la mise en œuvre de la ZLECAf, à traduire les ambitions politiques de l’intégration en résultats commerciaux concrets créateurs d’emplois et de croissance.

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