Politique : elles prennent le pouvoir
De Samia Suluhu Hassan à Netumbo Nandi‑Ndaitwah, comment les femmes s’imposent au sommet des États africains et transforment la gouvernance En 2026, une nouvelle génération de dirigeantes africaines occupe des postes de pouvoir jusque‑là rarement accessibles aux femmes. Présidentes, vice‑présidentes et ministres influentes, elles redéfinissent la gouvernance sur le continent et ouvrent la voie à une représentation plus inclusive — malgré des défis persistants.

Par Hawa Sidibe
Sur le continent africain, l’influence des femmes dans la vie politique ne cesse de progresser, même si l’égalité reste encore loin d’être atteinte. Environ 13 % des postes exécutifs (président, vice‑président, Premier ministre) sont occupés par des femmes en 2025, en hausse par rapport à 2021 mais encore minoritaire au regard du total des dirigeants africains, selon le Baromètre de la participation politique des femmes en Afrique.
À la tête de cette transformation, deux figures emblématiques illustrent ce tournant : Samia Suluhu Hassan, présidente de la Tanzanie, et Netumbo Nandi‑Ndaitwah, présidente de la Namibie. Samia Suluhu Hassan a pris la tête de la Tanzanie, devenant ainsi la première femme à diriger ce pays et s’imposant comme une actrice majeure de la diplomatie régionale et des efforts de développement en Afrique de l’Est.
Netumbo Nandi‑Ndaitwah, élue présidente de la Namibie en mars 2025, a marqué l’histoire politique du pays en devenant la première femme à accéder à la magistrature suprême par le suffrage. Sa présidence s’inscrit dans une trajectoire longue de service public et reflète l’engagement du pays en faveur de la réduction des inégalités de genre. Sous sa direction, 57 % des ministères sont occupés par des femmes, un taux symbolique d’engagement pour des cabinets plus représentatifs.
Sur le plan exécutif, d’autres pays affichent des progrès notoires. Sahle‑Work Zewde, présidente de l’Éthiopie, a été l’une des premières dirigeantes africaines à exercer le rôle de chef d’État, contribuant à renforcer la visibilité des femmes dans les plus hautes fonctions de pouvoir.
L’émergence de Jane Naana Opoku‑Agyemang comme vice‑présidente du Ghana est une autre étape importante : sa carrière académique et politique illustre l’ouverture progressive des espaces décisionnels aux femmes dans des démocraties africaines en pleine évolution.
La représentation féminine dans les parlements africains atteint environ 24 % des sièges, proche de la moyenne mondiale
Malgré ces avancées, les femmes restent encore largement minoritaires dans les sphères de pouvoir. Les données montrent que la représentation féminine dans les parlements africains atteint environ 24 % des sièges, proche de la moyenne mondiale ; mais elle est loin de la parité souhaitée et de l’objectif fixé par l’Union africaine d’au moins 50 % de représentation d’ici 2030.
Les progrès ne se limitent pas aux fonctions de chef d’État. Dans de nombreux pays, les femmes exercent des responsabilités de premier plan dans les cabinets ministériels, les assemblées législatives et les institutions internationales, contribuant à façonner des politiques publiques plus inclusives et à promouvoir des axes prioritaires comme l’éducation, la santé et l’égalité des chances.
Des obstacles structurels, culturels et institutionnels
Cependant, l’intégration des femmes au sommet des décisions politiques reste freinée par des obstacles structurels, culturels et institutionnels. Partout sur le continent, les partis politiques, les systèmes électoraux et les normes sociales continuent souvent de désavantager les candidatures féminines, limitant ainsi l’accès à certaines responsabilités clés.
Pour autant, les avancées sont indéniables : plus de femmes briguent des postes exécutifs, des réformes sont en cours pour élargir l’accès à la représentation et des réseaux de soutien entre dirigeantes africaines se développent. Des initiatives de mentorat, des plateformes de leadership et des engagements institutionnels montrent que la transformation est en marche.



