A la uneChronique du week-end
A la Une

La Galerie des Cinq continents : une révolution silencieuse au musée du Louvre

Au Louvre, une transformation profonde mais discrète est en train de redéfinir la manière dont l’histoire mondiale de l’art est racontée. Avec l’ouverture, le 3 décembre 2025, de la Galerie des Cinq continents, le plus grand musée d’art du monde offre enfin aux arts non européens une place d’égalité aux côtés des chefs‑d’œuvre occidentaux. Cette initiative — fruit d’une collaboration inédite entre plusieurs institutions culturelles françaises — invite à un dialogue culturel enrichi et à une réflexion plus universelle sur le patrimoine mondial.

C’est une petite révolution dans l’univers muséal, discrète mais significative. Le musée du Louvre à Paris a inauguré en décembre 2025 la Galerie des Cinq continents, un espace entièrement réaménagé qui met en valeur 130 œuvres majeures originaires d’Afrique, d’Asie, des Amériques, d’Europe et d’Océanie.

Jusqu’ici, les arts extra‑européens étaient présentés dans le Pavillon des Sessions, ouvert en 2000 — une étape pionnière, mais perçue comme marginale dans l’immense dispositif du Louvre. Avec la création de la nouvelle galerie, ces œuvres entrent désormais pleinement dans le récit muséal principal, aux côtés des peintures, sculptures et objets qui ont fait la réputation de l’institution.

Dépasser les classifications héritées d’une vision eurocentrique de l’histoire de l’art pour proposer une lecture plus globale des cultures humaines

Fruit d’un partenariat entre le Louvre et le Musée du quai Branly–Jacques Chirac, cette galerie ne se contente pas d’exposer des pièces isolées. Elle propose un parcours thématique qui met en regard des objets issus de traditions culturelles très différentes, en soulignant leurs correspondances historiques, esthétiques ou symboliques. L’ambition est claire : dépasser les classifications héritées d’une vision eurocentrique de l’histoire de l’art pour proposer une lecture plus globale des cultures humaines.

Dans la scénographie conçue par l’architecte Jean‑Michel Wilmotte, l’espace est lumineux, ouvert, et favorise les connexions entre les œuvres de civilisations éloignées. À l’entrée, les visiteurs sont accueillis par une série de neuf peintures de l’artiste sud‑africaine Marlene Dumas, spécialement conçues pour cette occasion, symbolisant la rencontre des sensibilités et des origines : une manière forte de souligner l’universalité de la création artistique.

Ouvrir un débat intellectuel et culturel

Au‑delà de l’aspect purement esthétique, ce nouvel espace ouvre un débat intellectuel et culturel sur la provenance des œuvres et le rôle des institutions dans la restitution ou la conservation du patrimoine mondial. Une série de rencontres et conférences est programmée jusqu’en 2026 pour approfondir ces questions, impliquant spécialistes internationaux et directeurs de grands musées.

La Galerie des Cinq continents marque donc une étape importante dans l’évolution du Louvre vers une muséographie plus inclusive et universelle, où les arts du monde ne sont plus relégués à la périphérie mais intégrés au cœur du discours sur l’art et l’humanité.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page