Global Gateway Early‑Stage Investment : un mécanisme pour renforcer les projets innovants en Afrique
La Commission européenne a officialisé le 15 décembre 2025 le lancement d’un nouvel instrument de financement dans le cadre de sa stratégie Global Gateway. Baptisé Global Gateway Early-Stage Investment, ce mécanisme vise à soutenir la préparation et les phases pilotes de projets dans les pays partenaires, notamment en Afrique, afin d’en améliorer la faisabilité et l’attractivité pour les investisseurs publics et privés. Analyse.
Le Global Gateway Early-Stage Investment s’inscrit dans le programme plus large Global Gateway, lancé par l’Union européenne en 2021 pour soutenir des investissements durables dans les infrastructures, le numérique, l’énergie et les transports. Cette stratégie entend mobiliser jusqu’à 300 milliards d’euros d’investissements d’ici 2027, en combinant financements publics, garanties et capitaux privés, avec un accent particulier sur l’Afrique.

Des partenariats authentiques fondés sur le respect, les intérêts partagés et un engagement à long terme : c’est l’essence même de Global Gateway
a souligné la présidente de la Commission européenne.
Cette approche, régulièrement mise en avant par Ursula von der Leyen, vise à repositionner l’Union européenne comme un partenaire stratégique de long terme face à la concurrence croissante d’autres puissances d’investissement sur le continent.
Depuis son lancement, Global Gateway regroupe sous une même bannière de nombreux projets soutenus par l’Union européenne en Afrique, notamment dans les domaines de l’énergie, des infrastructures de transport, de la connectivité numérique et des services urbains. Des initiatives liées aux réseaux électriques, aux énergies renouvelables en zones rurales ou encore à la digitalisation des services publics illustrent cette approche intégrée, combinant infrastructures physiques, transition énergétique et innovation numérique.

Le mécanisme Global Gateway Early-Stage Investment vient compléter cet écosystème en ciblant spécifiquement les phases amont des projets : études de faisabilité, conception technique, structuration financière et démonstrateurs pilotes. Ces étapes sont souvent déterminantes mais insuffisamment financées, en particulier dans les pays africains.
Secteurs ciblés et modalités de financement
Selon les documents de la Commission européenne, le budget global du mécanisme s’élève à environ 40 millions d’euros, avec des subventions pouvant atteindre jusqu’à 2 millions d’euros par projet, sur des durées comprises entre 12 et 36 mois. Les financements peuvent couvrir une part très significative des coûts de préparation, en fonction de la nature des projets et de leur impact attendu.
Les secteurs prioritaires incluent notamment l’énergie, les transports, le développement urbain durable, le numérique et l’intelligence artificielle, en cohérence avec les grandes priorités de Global Gateway.
Enjeu stratégique : rendre les projets bancables
Pour l’Union européenne, l’objectif est clair : améliorer la bancabilité des projets, condition essentielle pour attirer ensuite des financements à plus grande échelle. Comme l’a rappelé Jutta Urpilainen, commissaire européenne aux Partenariats internationaux, la mobilisation du secteur privé est un levier clé du développement durable.
« La mobilisation du secteur privé est essentielle pour favoriser la croissance durable, la création d’emplois et la valeur ajoutée locale, en particulier pour les jeunes », a-t-elle déclaré dans le cadre de la stratégie Global Gateway.
Bien que l’appel à propositions s’adresse principalement à des acteurs européens — entreprises, PME, universités, centres de recherche ou consortiums — les projets financés doivent être mis en œuvre dans les pays partenaires, dont de nombreux pays africains. Cette logique favorise les partenariats Europe-Afrique dès la phase de conception des projets.
Un outil face à un défi structurel africain

En Afrique, le manque de financement des phases préparatoires constitue un obstacle récurrent à la réalisation de projets pourtant prometteurs. Études techniques, analyses juridiques, structuration financière ou projets pilotes représentent des coûts élevés, rarement pris en charge par les porteurs de projets locaux.
En ciblant précisément cette lacune, le Global Gateway Early-Stage Investment pourrait jouer un rôle structurant pour l’écosystème africain des PME, des startups et des porteurs de projets innovants, notamment dans les domaines de l’énergie propre, de la mobilité urbaine intelligente ou de l’intelligence artificielle appliquée aux services publics.
Ensemble, nous voulons bâtir des économies plus vertes et plus compétitives, promouvoir les compétences et créer des emplois, en particulier pour la jeunesse africaine
a déclaré Ursula von der Leyen à propos du partenariat entre l’Europe et l’Afrique.
Les candidatures doivent être déposées au plus tard le 16 mars 2026 à midi (heure de Bruxelles) via la plateforme européenne dédiée. Les conventions de subvention devraient être signées à l’été 2026, permettant un lancement des projets avant la fin de l’année.



