A la uneActualité
A la Une

Rapport : la croissance revient, mais le spectre de la dette et de l’inflation continue de hanter l’économie

L’Afrique devrait enregistrer une croissance de 4 % en 2026, d’après le rapport *World Economic Situation and Prospects 2026 publié par l’ONU. Une embellie portée par l’Afrique de l’Est, mais qui masque des défis persistants…

L’Afrique se rapproche d’un cap symbolique : une croissance moyenne de 4 % en 2026, après 3,9 % estimés pour 2025, selon le rapport World Economic Situation and Prospects 2026 des Nations unies, marquant une reprise relative malgré un contexte mondial incertain. Cette dynamique, souligne l’ONU, s’inscrit dans un environnement caractérisé par des « contraintes budgétaires, des coûts élevés du service de la dette et une inflation alimentaire persistante », qui pèsent sur la trajectoire de développement durable du continent.

L’Afrique de l’Est en tête, portée par les performances de l’Ethiopie et du Kenya

L’Afrique de l’Est se distingue comme la sous‑région la plus dynamique, avec une croissance prévue de 5,8 % en 2026, portée notamment par les performances économiques robustes de pays comme l’Éthiopie et le Kenya, soutenues par l’intégration régionale et l’expansion des énergies renouvelables. À l’inverse, d’autres sous‑régions restent plus modestes : l’Afrique de l’Ouest à 4,4 %, l’Afrique du Nord à 4,1 %, l’Afrique centrale à 3,0 % et l’Afrique australe à 2,0 %.

Reste le fardeau de la dette …

Mais des nuages pointent à l’horizon. Le rapport onusien met en avant que le ratio moyen dette/PIB des pays africains atteindra environ 63 % en 2025, avec les coûts de service de la dette absorbant une part importante des recettes publiques. Environ 40 % des pays africains restent soit en situation de surendettement, soit à haut risque ; certains cherchent à restructurer leur dette dans le cadre commun du G20.

Du côté des banques centrales internationales, le rapport Global Economic Prospects de la Banque mondiale note que « la croissance mondiale reste modérée et moins capable de générer une forte expansion », tout en étant « relativellement résiliente face aux incertitudes des politiques commerciales ». Cette dynamique affecte indirectement l’Afrique, où l’accès au financement, la stabilité des réserves et la réduction de la vulnérabilité aux chocs externes restent des enjeux majeurs.

De même, dans plusieurs économies africaines, la baisse globale de l’inflation ne signifie pas la fin des pressions sur les ménages. La Banque mondiale estime que l’inflation médiane en Afrique subsaharienne est passée de 7,1 % en 2023 à environ 4,5 % en 2024, mais les prix des produits alimentaires et des biens de première nécessité continuent de peser sur les foyers à faibles revenus, limitant leur pouvoir d’achat.

Commerce et intégration économique

Dans ce contexte, le rapport de l’ONU souligne également que des mécanismes comme l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), dont la pérenité est remise en question par les nouvelles mesures adoptées par les Etats-Unis depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, et la mise en œuvre de la Zone de libre‑échange continentale africaine (ZLECAf) sont cruciaux pour l’intégration économique africaine. Reste des incertitudes autour de leur application et l’apparition de nouvelles barrières commerciales pourraient entraver l’intégration des économies du continent aux chaînes de valeur mondiales.

Vers une croissance durable ?

Le rapport conclut que « la croissance africaine peut rester résiliente, mais elle ne sera durable que si elle s’accompagne de réformes structurelles et d’une coordination accrue des politiques nationales et régionales ». Cette approche inclut des politiques budgétaires prudentes, un renforcement des réserves, des investissements dans les secteurs sociaux clés (éducation, santé) et une coopération accrue au niveau international.

Consulter le rapport :  World Economic Situation and Prospects 2026

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page