Otobong Nkanga au Musée d’Art Moderne : l’art de la terre et de la mémoire
Jusqu’ au 22 février 2026, le Musée d’Art Moderne de Paris présente la première grande exposition monographique à Paris de la plasticienne nigériane Otobong Nkanga, artiste reconnue pour ses œuvres engagées autour de l’écologie, du corps et des liens entre humains et territoires.

Le Musée d’Art Moderne de Paris accueille « I Dreamt of You in Colours », une exposition majeure consacrée à Otobong Nkanga (née en 1974 à Kano, au Nigeria, et vivant à Anvers, Belgique). Il s’agit de sa première monographie dans un musée parisien, offrant une rétrospective de son travail depuis la fin des années 1990 jusque dans ses œuvres les plus récentes.
Otobong Nkanga explore dans ses œuvres les relations complexes entre les hommes, la terre et l’environnement
Formée à l’Université Obafemi Awolowo d’Ife‑Ife (Nigeria), à l’École nationale supérieure des Beaux‑arts de Paris et à la Rijksakademie d’Amsterdam, Otobong Nkanga explore dans ses œuvres les relations complexes entre les hommes, la terre et l’environnement. Elle questionne notamment l’impact de l’exploitation des ressources naturelles, les liens sociaux et politiques qui en découlent, ainsi que la manière dont le corps humain interagit avec les paysages et les matériaux.
L’exposition rassemble une grande variété de pièces — installations, dessins, photographies, tapisseries, peintures et œuvres iconiques telles que From Where I Stand (2015) — provenant de collections publiques et privées françaises et internationales, ainsi que du studio de l’artiste. Certaines œuvres — notamment des dessins peu ou jamais exposés — permettent de retracer la généalogie de ses thèmes de prédilection, comme l’extraction minière ou les valeurs culturelles liées aux ressources naturelles.
La notion de strates au cœur de l’œuvre d’Otobong Nkanga
La notion de strates est au cœur de l’œuvre d’Otobong Nkanga : elle l’utilise comme métaphore pour penser les relations d’échange et de transformation entre corps et territoire, mais aussi comme principe structurel dans ses sculptures et installations. En associant formes, matières et idées, l’artiste propose une poétique visuelle qui évoque la mémoire, les blessures du paysage et les possibilités d’un avenir plus harmonieux.
Au‑delà des pièces exposées, la programmation inclut aussi des performances, comme Solid Maneuvers — une intervention chorégraphique inspirée des gestes du travail industriel et de l’extraction —, et des moments d’interaction entre l’artiste et le public, qui invitent à réfléchir à notre propre rapport à la terre et aux ressources naturelles.
Ce projet a été conçu en collaboration avec le Musée cantonal des Beaux‑Arts de Lausanne, où l’exposition se poursuivra après son passage à Paris, du 3 avril au 23 août 2026.
L’exposition offre une occasion rare de plonger dans l’univers riche et engagé d’une artiste africaine majeure, dont la réflexion porte sur des enjeux universels — l’écologie, l’exploitation, la mémoire et la transformation — tout en tissant des liens sensibles entre cultures, territoires et humanités.
Pour en savoir plus : https://www.mam.paris.fr/fr/expositions/exposition-otobong-nkanga



