De la parole aux actes : l’African School of Governance appelle à adopter des solutions endogènes
L’African School of Governance (ASG) a clôturé avec succès son tout premier programme d’Executive Education à Kigali, réunissant pendant trois jours, du 8 au 10 juillet 2025, une vingtaine de hauts dirigeants africains – ministres, parlementaires, hauts fonctionnaires, universitaires et experts – autour d’un atelier intensif.
Par Teddy KABERUKA, à Kigali – Rwanda
Placée sous le thème « Transformer son pays : devenir le leader dont son pays a besoin », cette formation visait à façonner une nouvelle génération de leaders africains transformationnels, enracinés dans des philosophies locales, des modèles de gouvernance adaptés et des solutions conçues pour répondre aux défis spécifiques du continent.
Ce rassemblement de haut niveau a marqué un tournant dans la redéfinition du leadership africain. Les participants se sont engagés à impulser un changement concret dans leurs pays respectifs.
L’atelier de Kigali s’est fixé pour objectif de refonder le récit africain du leadership en le basant sur des valeurs endogènes, une pensée continentale et une vision audacieuse de la gouvernance. Face aux défis persistants – manque de gouvernance efficace, instabilité des politiques publiques, chômage des jeunes – l’ASG propose ce programme comme une réponse urgente et structurée pour former des décideurs capables d’apporter des solutions locales à des problèmes locaux.

Une nouvelle vision pour le leadership africain
Le développement de l’Afrique a longtemps été dicté par des idéologies étrangères, souvent inadaptées aux réalités du continent. L’atelier de l’ASG a remis en cause ce modèle, en affirmant que « aucun pays ne se développe en adoptant la philosophie d’un autre ».
Le professeur Kingsley Moghalu, président de l’ASG, a souligné dans son discours de clôture :
Nous ne sommes pas venus ici pour parler, mais pour penser et agir. Chaque participant repart avec un engagement personnel à faire bouger les lignes chez lui. Il s’agit de forger une mentalité de leadership enracinée dans les réalités africaines

Les échanges ont porté sur le déficit de leadership en Afrique, la gouvernance déficiente et leurs conséquences sur la pauvreté multidimensionnelle. Les participants ont unanimement souligné la nécessité de concevoir des politiques inspirées par des idéologies africaines, reflétant la culture, les aspirations et les besoins réels des peuples.
La jeunesse : leaders d’aujourd’hui, pas seulement de demain
Un thème central du programme a été le rôle primordial de la jeunesse africaine, qui représente plus de 60 % de la population du continent.
Alban Bagbin, président du Parlement du Ghana, a déclaré :
« L’Afrique se lève, et sa jeunesse aussi. L’âge est un moteur de changement positif. »

Justice Meaza Ashenafi Mengistu, ancienne présidente de la Cour suprême d’Éthiopie, a renchéri :
« Les jeunes ne sont pas les leaders de demain. Ils sont les leaders d’aujourd’hui. »
L’appel a été lancé pour que les jeunes soient non seulement impliqués, mais véritablement intégrés aux processus de gouvernance, comme acteurs à part entière.
Et après ?
L’African School of Governance a pour ambition de devenir un centre continental d’excellence pour la formation en politiques publiques, la recherche et le dialogue de haut niveau. Ce premier programme a donné le ton.

Prochaines étapes : en septembre 2025, l’ASG lancera sa première promotion du Master en Administration publique (MPA), destiné aux jeunes professionnels africains engagés dans le service public. Des bourses seront accordées aux candidats prometteurs.
Une ère nouvelle
Avec ce lancement audacieux, l’ASG inaugure une nouvelle ère du leadership africain – transformationnelle, affirmée, enracinée, et sans compromis sur ses valeurs.